20 juil. 2015

Bien dormir pour bien grandir

Mais pourquoi ce bébé dort il autant ?
LE NOUVEAU-NÉ DORT EN MOYENNE DIX-NEUF HEURES PAR JOUR les premières semaines. Il passe presque sans s'en apercevoir de l'état de veille à celui de sommeil. Mais pourquoi ce bébé dort-il autant ?


Trouver le bon rythme

Si votre bébé a tellement besoin de sommeil, c'est tout simplement pour parfaire sa maturation cérébrale et développer son corps. En effet, on s'est aperçu que c'est au cours du sommeil que l'orga­nisme produit en quantité maximale la fameuse hormone de croissance indispensable à son bon développement.

Si votre bébé dort tout le temps, c'est aussi qu'il ignore encore la différence entre le jour et la nuit. Il ne commencera à la faire qu'au bout de quel­ques semaines. En attendant, ses temps de som­meil diurne et nocturne sont aussi nombreux et ses réveils sont question de hasard. C'est géné­ralement vers 3 ou 4 semaines qu'il se règle sur le rythme circadien de 24 heures. À la fin du pre­mier mois, il dort encore 70 % de son temps. Il ne dort pas constamment de la même façon : ses jours et ses nuits se décomposent en sommeil profond et en sommeil léger. Dans le premier, ses yeux sont bien fermés, il respire très régulièrement, seuls ses doigts et ses lèvres peuvent bouger de manière perceptible.

Par contre, le sommeil léger, lui, se caractérise par de nombreux mouvements oculaires sous les pau­pières, des grimaces, des mouvements des bras et des jambes, voire même du corps. Enfin, il existe un état intermédiaire entre veille et sommeil: l'enfant somnole, il peut même avoir les yeux largement ouverts.

Ce petit dormeur déteste, en général, être dérangé. Un réveil intempestif déclenche presque à cha­que fois des pleurs.

Et si vous cassez son rythme de sommeil, votre bébé risque de vous gratifier de nuits entrecou­pées de cris. Il va se réveiller toutes les deux heu­res, toutes les nuits ou presque tout simplement parce que son cerveau aura enregistré qu'une période de rêve se finit toujours par un réveil. Alors laissez-le dormir!

 
À chacun sa personnalité

Dès les premiers jours, on peut nettement dis­tinguer les gros dormeurs des petits nerveux qu'un rien réveille. Très rapidement, chaque enfant acquiert sa personnalité de dormeur. Il est indispensable de laisser un nouveau-né trouver son propre rythme et ajuster lui-même les moments où il a faim et ceux où il préfère dor­mir. Conclusion: on ne réveille pas un nourris­son qui dort, ni pour le changer, ni pour voir si tout va bien, ni pour lui donner son biberon. Sachez également que pendant ces premières semaines de vie, le tout-petit passe par des pha­ses de sommeil agité, tout à fait normales. Vous pouvez penser qu'il est éveillé, qu'il souffre d'un petit malaise, vous vous précipitez pour le pren­dre dans vos bras... Surtout pas, vous allez interrompre son rêve.

 
 
C'est au cours du sommeil que l'organisme secrète le plus d'hormo­nes de croissance.

Decryptage des cris de bébé...


Les cris pour tout dire


TRÈS SOUVENT VOTRE BÉBÉ EST SECOUÉ DE PLEURS et vous vous sentez impuissante voire inquiète. Petit à petit vous allez vous apercevoir que ses cris ne sont pas tous les mêmes dans leur intensité et dans leur tonalité. Apprendre à les décoder, c'est mieux les supporter et bien sûr mieux y répondre.


Premiers décryptages

Le docteur Alain Lazartigues, pédopsychiatre et chercheur au CNRS, a mis en évidence cinq types de cris : celui de la faim, celui de la colère, celui de la douleur, celui de la frustration et enfin celui du plaisir. À ces cris s'ajoutent, vers l'âge de 3 semaines, des sons destinés à attirer l'attention. Le cri de la faim se caractérise par un son strident suivi d'une inspiration; il est accompagné d'un court sifflet puis d'une période de silence. Dans leurs cris de colère, certains bébés ont plusieurs timbres. Tout dépend de la force avec laquelle l'air passe entre les cordes vocales. On les reconnaît toujours: très aigus, ils sont difficiles à suppor­ter sur le plan acoustique. Le cri de douleur est souvent distingué par la mère. Il se compose d'un premier cri suivi d'un silence puis d'une inspiration inaugurant une série de cris expiratoires.

Le cri de frustration est une variante de celui de la douleur. Il se manifeste par un cri suivi d'un long sifflement inspiratoire et se répète. Il est pro­voqué, par exemple, par le retrait du biberon. S'ajoute enfin le cri de plaisir, assez fort, sorte de cri de joie. Le bébé va utiliser ces bruits de manière volontaire, à chaque fois qu'il aura envie que l'on s'occupe de lui.

 

Une réponse adaptée

Il existe également ce qu'on appelle le spleen du bébé : la tombée du soir rend certains nourrissons mélancoliques. Ils pleurent, attristés de quitter la journée, et peut-être ont-ils peur de ce voile noir qui les enveloppe peu à peu. Pour certains, les cris ressemblent à une mélo­pée douce. Ces bébés n'ont pas besoin d'être pris et câlinés ; la simple présence de leur maman les rassure. D'autres connaissent de véritables cri­ses de larmes qui les laissent inconsolables. Elles sont l'expression d'une angoisse incontrô­lée. Cependant, rassurez-vous, vers trois ou qua­tre mois, votre bébé perdra cette habitude. Il est indispensable que vous répondiez toujours aux cris de votre bébé. Si vous les ignorez, il pour­rait croire que ses plaintes sont vaines et qu'il ne peut rien attendre de vous. Peut-être se sent-il tout seul et a-t-il envie de participer à la vie qui l'en­toure. Quoi de plus normal ? N'hésitez pas alors à lui parler, caressez-le, tenez ses mains ou posez fermement une main sur son ventre. Si cela ne suffit pas, prenez-le dans vos bras et bercez-le, appuyé contre votre épaule, sa tête nichée dans votre cou.

Enfin, prendre un bébé dans son berceau com­mence toujours par une prise de contact verbale. Quelques mots vont lui permettre de ne pas être surpris. Bien sûr, tous les mouvements s'effectuent aussi sans brusquerie.

 

 Parlez-Lui doucement, racontez-lui que vous l'aimez, qu'il va bientôt retrouver son calme et que sa douleur va disparaître.

Le retour à la maison


 UN SENTIMENT ÉTRANGE VOUS SAISIT EN FRANCHISSANT LE SEUIL DE VOTRE DOMICILE. Vous êtes heureuse, mais quelque peu inquiète. Vous allez devoir seule avec votre compagnon assumer pleinement votre nouveau statut de parents.

Eviter trop de fatigue

À la maternité, vous avez été entourée, choyée. Le personnel médical était à portée de main pour prévenir tout problème, aider au maternage, à l'allaitement, à la toilette, au soin du cordon, etc. Maintenant, vous devez faire vos premières expé­riences de maternage en solitaire. Même si par­fois vous vous sentez démunie voire débordée, rassurez-vous pratiquement toutes les jeunes mamans apprennent très vite les gestes quotidiens de maternage.

Dans ce retour au bercail, le plus délicat est de caler votre rythme de vie sur celui de votre bébé. Les pleurs et le biberon de nuit raccourcissent considérablement le repos. Le jour, le bébé dort beaucoup mais demande pourtant une vraie dis­ponibilité, toutes les trois heures environ, pour ses repas. Tétées, changes, petits câlins, la jour­née passe vite et la fatigue s'installe avec, à la clé, sautes d'humeur et mal de dos.

Petits conseils d'intendance

Tout d'abord, pour récupérer de la fatigue, fai­tes comme votre bébé, couchez vous de bonne heure et faites la sieste.

Au sein ou au biberon, nourrissez votre enfant à la demande. Il se régulera sans problème et vous, vous échapperez aux longs moments épuisants à attendre qu'il tète.

Si vous nourrissez votre bébé au biberon, sté­rilisez flacons de verre et tétines en une seule fois et gardez-les ensuite au réfrigérateur.

Vous pouvez encore faire quantité de cho­ses, votre bébé contre vous dans un porte-bébé ventral. l'enfant éprouve ainsi un parfait sentiment de sécurité, il sent votre odeur, votre chaleur, il est bien, et vous, vous avez les mains libres.

Simplifiez les tâches ménagères au maximum. Vous les ferez après et il sera toujours temps, dans quelques semaines, de programmer une journée de ménage à fond.

Pensez encore à vous faire livrer vos courses : certaines grandes surfaces le proposent et même votre commerçant de quartier sera sensible à votre fidélité.

Réfléchissez aux appareils ménagers qui vous font gagner du temps, l'investissement consenti aujourd'hui n'est pas perdu pour les années à venir.

Faites des listes, c'est le plus sûr moyen de ne rien oublier et de se libérer l'esprit de bien des sou­cis qui, en réalité, sont sans grande importance.

Organisez encore, si ce n'est fait, le coin toi­lette et change du bébé : il vous faut tout sous la main, pas trop éloigné d'un point d'eau.


La vie à trois

Votre enfant ne doit pas accaparer tous vos ins­tants. Essayez de préserver avec votre conjoint des moments rien que pour vous deux : faites du sport ensemble ou programmez des sorties. Votre bébé, pendant ce temps-là, dormira paisi­blement dans son berceau sous la responsabilité d'une ou d'un baby-sitter. Si vous allaitez, avant de partir, tirez un peu de votre lait et conservez-le dans un biberon au réfrigérateur. Ainsi le repas de votre bébé est disponible à tout moment.